Par Léa CORBET – Etudiante à l’ISFJ Lyon
Chaque rentrée, environ 23 000 jeunes viennent du monde entier pour faire leurs études dans la métropole de Lyon. Derrière l’envie de rencontres et de festivité, se cachent parfois la solitude, les difficultés administratives et le mal-être d’un “Chez-soi” qui ne l’est pas vraiment.

À l’Alliance Française de Lyon, les rires mêlés d’accents venus d’horizons variés se font entendre. Une vingtaine d’étudiants internationaux se sont retrouvés, le 12 novembre 2025, autour d’un dîner. C’est l’un des nombreux événements organisés par l’association Erasmus Student Network Cosmo Lyon (ESN). Le but ? Partager des plats cuisinés maison et échanger.
Les assiettes qui circulent, les discussions en anglais donnent une impression d’unité. Mais cette convivialité, compense un besoin et masque une réalité plus contrastée : la solitude et les défis quotidiens d’une intégration dans une ville étrangère.


« C’est un endroit où je ne me sens pas chez moi. »
Éleonora est une étudiante italienne venue pour un semestre à l’Institut Paul Bocuse. Son logement ? Une colocation avec deux Françaises, dans laquelle les repas ne se partagent pas, les discussions non plus.
« Je suis entourée, mais seule », confie-t-elle.
Malgré ses amitiés en classe, le retour chez elle, le soir, ravive un sentiment de vide.
« Quand je rentre après les cours, je retourne à un stade de solitude. C’est un endroit où je ne me sens pas chez moi. »
Les premières semaines ont été particulièrement difficiles pour Éléonora. Arrivée fin août, elle a passé ses premiers jours dans l’inconnu, sans aucun contact avec d’autres jeunes. Elle participa alors à l’un des premiers événements ESN qui lui permit de s’ouvrir vers d’autres étudiants, seuls comme elle. Elle y a noué des liens… mais superficiels.
« Quand on parle une autre langue que la nôtre, on change de personnalité, on n’arrive pas à exprimer certaines émotions, à comprendre les blagues, alors on se sent en décalage même si on est entourés… »

L’administration : un obstacle à l’intégration

Beail Arers, 21 ans, originaire de Turquie et étudiante en droit, évoque sa première semaine à Lyon :
« J’ai ressenti de la solitude au début surtout concernant les démarches administratives (assurance, visas…). Je n’ai pas eu d’aide pour ces démarches. »
Daria Kochetkova, russe, a commencé son cursus en France il y 6 ans. Elle se souvient des rendez-vous d’intégration, mais aussi des ouvertures de compte bancaire laborieuses qui complique l’intégration. Pour elle, la France est un terrain d’opportunité, mais aussi de lenteurs administratives.


Tout comme Éléonora, Beail et Daria ; Meryem* fait partie des 2 000 étudiants qui choisissent chaque année d’adhérer à l’association ESN Cosmo Lyon. Le but ? Rencontrer, partager et s’intégrer.
*prénom d’emprunt
ESN Cosmo Lyon organise des évènements toutes les semaines comme ce dîner en partenariat avec l’Alliance Française où l’on retrouve aussi bien sur la table une panoplie de fromages français qu’un Havuc Tarator (spécialité turque) ou que des Korovka (bonbons russes).


